Biographie

Né à Paris en 1948, j’ai toujours été intéressé par la musique, aussi loin que je me souvienne. Il faut dire que mes parents possédaient 6 000 disques vinyles de tous genres. Vers l’âge de 8 ans je faisais déjà des montages avec 2 magnétophones à bande en enregistrant divers bruits de la vie quotidienne (eau qui coule, pas dans l’escalier, etc.) ou, plus violent, coups de marteau sur une tôle, par exemple et qu’à l’aide des 2 magnétophone j’accélérais ou ralentissais les enregistrements, je les passais à l’envers, les superposais, etc.


J’écoutais tous les disques de mes parents et cela allait des concertos de Mozart, des symphonies de Beethoven aux musiques brésiliennes en passant pas les chanteuses réalistes (Damia, Berthe Sylva, Fréhel), le jazz ou le blues.


Dans les années 60, comme pratiquement toutes les personnes de ma génération, j’ai écouté (et adoré) le rock et la pop musique. mais en parallèle, je découvre la musique contemporaine. Quel choc d’entendre Orient-Occident sur France Musique en 1965 ! J’avais 17 ans et ce jour-là je me suis dit deux choses : 1) Je veux faire ce genre de musique et 2) Il faut que je rencontre Iannis Xenakis.


En 1972, j’ai réussi à rencontrer Xenakis qui avait organisé une soirée/rencontre au Musée d’Arts Modernes à Paris. j’ai assisté à toute la soirée, totalement fasciné et, après avoir attendu que la salle se vide, j’ai abordé Iannis Xenakis. A l’époque je terminais mes études d’informatique à la faculté de Jussieu et je souhaitais faire un projet de composition musicale par ordinateur. J’avais acheté son livre “Musiques formelles” aujourd’hui mis intégralement en ligne et je voulais réaliser le programme informatique qui mettrait en oeuvre ses idées exprimées dans le chapitre “musique stochastique markovienne” (chapitre II du livre en ligne). Je n’avais évidemment pas d’ordinateur permettant de réaliser ce projet (je rappelle, pour les plus jeunes, que c’était avant l’apparition des micros ordinateurs) et encore moins l’appareillage permettant de produire les sons.


Iannis Xenakis m’a permis de réaliser ce projet, qui n’a pas pu servir dans le cadre de mes études car, ne travaillant que pendant mes loisirs sur le sujet, le programme a abouti en 1976 !

Les sons étaient produits par synthèse additive de “grains de Gabor” (développé par Dennis Gabor dans cet article de Nature en 1947 !), des sons microscopiques d’une durée de 0,04 seconde constitués d’une sinusoïde dans une enveloppe gaussienne.

Mon programme (écrit en Fortran 4 étendu) a d’abord tourné sur l’ordinateur CII10070 de la Faculté de Jussieu (au sous-sol de la tour 32...) puis sur l’ordinateur IBM 360 du CIRCE (Centre Inter Régional de Calcul Electronique), le centre de calcul, à l’époque, du CNRS à Orsay.

Il fallait 17 secondes de calcul pour produire 0,6 secondes de musique (un rapport de 1 à 30 donc). Il faut dire que lors de certains essais, le programme devait calculer plus de 1 000 grains sonores par seconde de musique.

Un document de 1975 décrit le programme que j’avais réalisé à l’époque sur cette page.

En fait, bien avant l’heure, nous faisions, avec Iannis, de la synthèse granulaire sans le savoir !


Le programme écrivait les échantillons sur une bande d’ordinateur qui était convertie avec l’appareillage du CEMAMU de Xenakis qui disposait d’un convertisseur digital/analogique aux fréquences de 13 000, 26 000, 39 000 et 52 000 Hz qui avait été conçu par le CNET à Issy-les-Moulineaux.

Voici 3min20sec.mp3 (de 3’20”) généré avec le programme de l’époque écrit en FORTRAN et converti au laboratoire du CEMAMU de Xenakis (1976).


Je dois dire que je conserve un excellent souvenir de Iannis Xenakis avec qui j’ai eu, dans les années 70, de nombreuses discussions. C’était un homme d’une extrême gentillesse, d’une grande intelligence et un visionnaire, toujours à l’écoute des choses nouvelles. Il est, à mon humble avis, LE compositeur du XXème siècle.


Après cet épisode de 1978 à 1981, j’ai réalisé différentes pièces, principalement avec les AKS, telles que Schizoland (environ 1 heure), Poésie de la ville électrique (environ 1 heure), Strasme (en 3 parties, la durée totale est d’environ 2h et 20 minutes). Ces pièces sont encore sur les bandes magnétiques d’origine et doivent être restaurées.


Ensuite vient une grande période sans pièce finalisée. Je n’ai repris la composition que vers l’an 2000 et, en 2001, je réalise un CD, Hedra, dont des extraits figurent sur la page extraits sonores. J’ai réalisé un second CD, Galaxiale, qui m’a donné beaucoup de travail.


En parallèle de ces activités musicales, j’ai mené une vie professionnelle d’informaticien pendant laquelle j’ai réalisé des compilateurs, en particulier un compilateur pour le langage C, chez Bull et j’ai donné beaucoup de formations sur tous les langages  : Ada, C, C++, Java, Lisp, Prolog, entre autres ainsi que des formations sur la conception objet (OMT puis UML), le génie logiciel, les tests logiciels, etc.

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